À 16 ans, faire des enfants n’est plus un rêve : pourquoi la parentalité perd du terrain chez les ados
Et si le désir de fonder une famille devenait une zone grise pour les nouvelles générations ? Le sujet est bien plus complexe qu’il n’y paraît…
Les jeunes générations remettent en question bien plus que leurs aînés les normes traditionnelles liées à la maternité, au couple et aux rôles de genre. Une enquête menée par Ifop pour Elle, auprès de 1 028 adolescents âgés de 15 à 17 ans, met en lumière une transformation profonde des aspirations et des rapports sociaux.
Désir d’enfants en recul, nouvelles règles de la séduction et inquiétudes persistantes sur les droits des femmes : le portrait d’une jeunesse lucide, parfois désenchantée, mais résolument critique face aux modèles hérités.
Le désir d’enfants n’est plus une évidence
Chez les adolescents de 15 à 17 ans, seuls 57 % déclarent vouloir des enfants. Un chiffre en nette baisse par rapport à il y a quarante ans, où ils étaient 77 % à exprimer ce souhait. Cette évolution marque un changement majeur dans la manière dont la parentalité est envisagée. Elle n’apparaît plus comme une étape obligatoire de la vie adulte, mais comme un choix personnel, soumis à réflexion.
Les écarts entre filles et garçons restent relativement limités : 61 % des filles souhaitent avoir des enfants, contre 55 % des garçons. En revanche, le positionnement féministe joue un rôle déterminant. Parmi les jeunes filles se déclarant très féministes, 31 % ne souhaitent pas devenir mères, contre seulement 12 % chez celles qui ne se définissent pas comme féministes. La maternité est ainsi de plus en plus perçue comme une option, et non comme une norme sociale incontournable.
Des relations amoureuses transformées depuis #MeToo
Le mouvement #MeToo a profondément modifié les rapports entre les sexes chez les adolescents. Contrairement aux discours alarmistes évoquant une fracture irréversible, 8 jeunes filles sur 10 décrivent les garçons comme « cool » et « gentils ». Toutefois, cette appréciation positive coexiste avec une forte défiance : près de la moitié des filles interrogées considèrent encore les garçons comme machos.
La notion de consentement, en revanche, fait désormais l’unanimité. 96 % des adolescents estiment qu’il est indispensable dans toute relation. Cette prise de conscience généralisée redéfinit les codes de la séduction, rendant les interactions plus prudentes, parfois plus complexes, mais aussi plus respectueuses. Les relations amoureuses se construisent désormais sous le signe de la vigilance et de la responsabilité partagée.
Féminisme et inquiétudes persistantes sur l’égalité
Le féminisme est aujourd’hui revendiqué par 61 % des adolescents. Mais cette moyenne masque un fossé important entre les sexes : 77 % des filles se déclarent féministes, contre seulement 45 % des garçons. Les inquiétudes concernant les droits des femmes restent élevées, notamment chez les adolescentes, dont 69 % se disent préoccupées, contre 45 % des garçons.
Un chiffre illustre particulièrement ce malaise : 46 % des jeunes estiment qu’il vaut mieux être un garçon qu’une fille dans la société actuelle. Plus frappant encore, 50 % des filles partagent ce constat. Malgré les avancées en matière d’égalité, le sentiment d’injustice demeure fortement ancré, révélant une jeunesse consciente des progrès accomplis, mais aussi des limites persistantes du système.
Toutefois, chaque parcours reste unique et les obstacles diffèrent selon les contextes familiaux.
Et si on s’autorisait, ensemble, à repenser la maternité pour tracer un chemin aussi audacieux que serein pour nos enfants ?