« Moins dangereux que le tabac » ne veut pas dire sans danger : l’avertissement clair de l’Anses sur le vapotage pendant la grossesse
Souvent présenté comme une alternative « moins risquée » au tabac, le vapotage bénéficie d’une image relativement rassurante, y compris pendant la grossesse. Pourtant, cette perception mérite d’être sérieusement nuancée.
Dans un rapport publié le 4 février, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) dresse un état des lieux détaillé des risques sanitaires liés aux produits du vapotage.
La conclusion est sans ambiguïté : à l’instar du tabac, vapoter pendant la grossesse n’est pas sans danger, même si le niveau de risque diffère.
Grossesse et vapotage : un manque de données, mais des signaux d’alerte
Premier élément clé du rapport : les données scientifiques concernant spécifiquement les femmes enceintes restent limitées. Les études menées chez l’humain ne permettent pas, à ce stade, d’établir des conclusions solides et définitives sur les effets directs du vapotage pendant la grossesse. Ce manque de recul ne signifie cependant pas absence de risque.
Pour pallier cette carence, les experts de l’Anses se sont appuyés sur des études expérimentales, principalement réalisées chez l’animal. Ces travaux permettent d’évaluer les effets d’une exposition in utero aux émissions des cigarettes électroniques. Même si les résultats ne peuvent pas être transposés automatiquement à l’être humain, ils constituent des indicateurs précieux pour identifier des dangers potentiels, en particulier lorsqu’il s’agit du développement fœtal.
Des effets possibles sur le cœur et les poumons du fœtus
Les conclusions du rapport mettent en avant des effets délétères possibles chez les enfants exposés au vapotage pendant la gestation. Les systèmes cardiovasculaire et respiratoire sont particulièrement concernés. Les études animales analysées suggèrent des altérations du développement cardiaque ainsi que des atteintes du développement pulmonaire.
Ces effets sont qualifiés de « possibles » par les experts, un niveau de preuve qui impose la prudence. La période prénatale constitue une phase critique du développement, durant laquelle les organes se forment et se structurent. Une perturbation, même modérée, peut entraîner des conséquences durables après la naissance. Dans ce contexte, l’incertitude scientifique ne peut être interprétée comme un feu vert.
Nicotine ou non : pourquoi le risque ne disparaît pas
Le rapport de l’Anses souligne le rôle central de la nicotine dans les effets observés, notamment sur le système cardiovasculaire. Cette substance est connue pour traverser la barrière placentaire et agir directement sur le fœtus. Toutefois, l’absence de nicotine ne suffit pas à éliminer le danger.
Les aérosols de cigarettes électroniques contiennent également d’autres composés potentiellement toxiques, comme certains aldéhydes issus de la dégradation des liquides chauffés. Le fœtus, particulièrement vulnérable, peut être affecté par ces substances à des doses bien inférieures à celles tolérées chez l’adulte.
Enfin, l’Anses rappelle que si les risques du vapotage restent inférieurs à ceux du tabac fumé, notamment en raison de l’absence de combustion, cette réduction des risques ne signifie pas une absence totale de danger. Comparer vapotage et tabac pendant la grossesse doit se faire avec précaution, d’autant que les effets à long terme chez les enfants exposés in utero demeurent encore mal connus.
À l’heure actuelle, les aérosols de vapotage, même sans nicotine, contiennent des substances pouvant perturber le développement du fœtus et accroître les risques de complications à la naissance.
Cependant, la sensibilité et l’exposition individuelle peuvent varier d’une grossesse à l’autre.
Envie d’aller plus loin ? Prends le temps de questionner tes habitudes et de t’informer pour faire les meilleurs choix pour toi et ton bébé.